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LE CLINICIEN/THERAPEUTE
Pour apprendre un peu plus sur ce qu'est un clinicien et ce que les gens sont en droit d'attendre d'un clinicien thérapeute formé et compétent.
Quelques définitions
Pour faciliter la compréhension des rôles des intervenants en matière de soutien psychologique et de santé mentale, voici les titres professoraux et leur définition.
PSYCHOLOGUE:
Sont des professionnels de la psychologie, discipline complexe qui regroupe de nombreux courants théoriques et pratiques : psychologie clinique, cognitive, comportementale, développementale, sociale, animale, différentielle, expérimentale, etc... Ces différents champs d'applications se rassemblent autour de cette étude scientifique des faits psychiques qu'est la psychologie (terme générique). Le psychologue, qui est spécialisé dans un courant scientifique spécifique peut donc être un professionnel du fonctionnement psychique et des psychopathologies, du comportement humain, de la personnalité et ou même des relations interpersonnelles.
PSYCHANALYSTE:
Un psychanalyste est un ancien analysant qui assume de diriger à son tour une cure analytique. Le psychanalyste écoute les associations libres de l'analysant d'une manière neutre et bienveillante. Il peut parfois décider d'interrompre ce discours par une intervention (interprétation psychanalytique) ou par la clôture de la séance (scansion). Le psychanalyste a la charge de garantir l'intégrité du cadre psychanalytique.
PSYCHIATRE:
C’est un médecin, seul habileté à poser un diagnostic et à délivrer des ordonnances. Pour devenir psychiatre, il faut donc suivre un cursus universitaire en faculté de médecine, suivi par un ou plusieurs cycles de spécialisation.
PSYCHOTHERAPEUTE/CLINICIEN(ENNE):
Spécialisé dans l’aide à l’autrui, il adopte une méthode, ou en associe plusieurs pour personnaliser son action. Bien qu’il y ait plusieurs syndicats fédérateurs, la formation est laissée à sa seule appréciation et n’est pas réglementée. Aucun diplôme de psychothérapeute n’est reconnu par l’Etat Français et le Canada. Par contre, l’European Association for Psychotherapy a élaboré un code de déontologie et créé un certificat européen. Pour l’obtenir il faut avoir suivi des études supérieures (bac+3 en France et niveau Maitrise au Canada) et additionner une autre formation de 4 ans à une méthode reconnue. Certaines écoles privées, offrent une bonne formation, avec un travail théorique, une psychothérapie personnelle et une supervision par des confrères.
ANIMATEUR EN DEVELOPPEMENT PERSONNEL:
Autant de types de formations que de méthodes. Les cursus très variables, durent de quelques weekends à deux ans. Ils débouchent parfois sur un certificat qui permet de devenir animateur spécialisé dans une technique, mais pas d’être psychothérapeute.
En bref …
Un clinicien thérapeute doit avoir une formation théorique et pratique (clinique) et dans le meilleur des cas, être en supervision continue. La supervision sert à discuter les cas difficiles, prendre les distances nécessaires avec les clients, de renforcer certaines pratiques et outils de travail et de la cohésion professionnelle et du respect du code d’éthique.
Est-ce que la formation et la pratique assurent d’avoir un psychothérapeute ou clinicien compétent?
Les diplômes ne garantissent jamais la compétence dans quelque domaine que ce soit et ne garantissent pas non plus la satisfaction d’une personne qui consulte. Comme dans le cas d’un plombier ou d’un médecin, tout est question de relation, d’attentes et d’objectifs. Vous pouvez être référé chez un clinicien qu’on dit très compétent, mais qui ne répondra pas à votre attente ou avec qui vous ne vous sentirez pas à l’aise avec l’approche ou la méthode.
Vous pouvez demander au clinicien de vous préciser son parcours professionnel et son niveau d’éducation et le nombre d’années qu’il est en pratique. Vous pouvez aussi questionner s’il n’aurait pas des références qui accepteraient de parler de leur expérience avec ce clinicien. Parler de leur expérience n’implique en rien de parler de leur vie personnelle. Certes, il est parfois difficile d’offrir cette option parce que beaucoup de gens souhaitent demeurer dans l’anonymat et dans le respect du code d’éthique surtout que la référence exige d’avoir une permission formelle pour ne pas se trouver en conflit avec le code d’éthique.
Comment se définit la compétence?
Tout comme les autres métiers, la compétence se mesure par la capacité de la personne d’avoir une rigueur professionnelle, une intégrité, un respect des procédures, de l’honnêteté et une intention réelle d’aider par ses connaissances et sa formation. L’intention réelle se définit souvent par une expression qui ressemble à « gens de cœur » ou « personne qui veut sincèrement contribuer ou aider ». Un de mes professeurs avait dit un jour qu’une des meilleures façons de mesurer la compétence chez quelqu’un était d’observer l’expression de sa passion pour le travail qu’il fait, qu’importe le métier ou le domaine.
Quelles sont les méthodes et comment les distinguer?
D’abord il est important de préciser qu’une très grande étude en Europe a établi que la méthode utilisée par les cliniciens ou psychothérapeutes ne comptait que pour 30% du succès d’une démarche thérapeutique et que le 70% restant, dépendait principalement de la relation qui s’établit entre le clinicien et le client. Mon expérience corrobore ces données.
Mais vu que certains cliniciens affichent l’école de formation ou la méthode d’intervention, je vais parler des écoles principales afin d’y mettre un peu plus de lumière, sans aller dans les détails particuliers de chacun.
Pour ma part, ce que j’annonce aux clients qui me consulte, c’est que j’ai une approche pro-active et non passive. C’est-à-dire qu’il y a une inter-relation active et des échanges en continu pendant les rencontres. Ce n’est pas une psychanalyse, qui est une approche beaucoup plus passive puisqu’elle laisse la personne divulguer, parler, raconter à son rythme, à son choix sans l’intervention du psychanalyste, ou avec une intervention très minimale.
C’est le premier point d’inconfort chez ceux qui cherchent un service de soutien – certains n’aiment pas l’intervention du clinicien pendant les rencontres, d’autres la souhaitent sans le moindre doute.
Les méthodes les plus connues :
Gestalt : Ici et maintenant. Ne fait aucun retour sur le passé – focalise sur le présent.
Psychanalytique (Freudienne) : Le travail par l’inconscient et le rêve – approche passive
Jungienne : se confronter à l'inconscient et en décrypter le sens. Approche plus pro-active que la psychanalyse
PNL : (Programmation neuro-linguistique) qui est définit par 4 attributs : une "couche inconsciente", un "état intérieur" (son ressenti), des "processus internes" (reflétant sa manière de penser) et un "comportement extérieur" (d'où l'on peut, paraît-il, extraire des renseignements sur les deux précédents).
Cognitive : Comportement et inconscient
Comportementale : Par le pourquoi on fait, on établit le comment on change. Les thérapies cognitives et comportementales ont pour particularité de s'attaquer au(x) problème(s) du client par des exercices pratiques.
Systémique : insiste sur les transformations qui se produisent à l'intérieur des ensembles que l'on étudie, comme les dynamiques d’une famille et les inter-relations.
Une fois ceci établi, comment savoir se diriger pour trouver quelqu’un qui puisse réellement répondre à ses attentes et besoins ?
Voici les questions que vous êtes en droit de demander au clinicien thérapeute
Quelle méthode ou approche est utilisée et en quoi consiste-t-elle?
Travaille-t-il avec des objectifs clairs ou il focalise sur l’écoute ?
Y a-t-il des conditions particulières de fonctionnement et de déroulement ?
Quelle est la moyenne de durée d’une démarche thérapeutique avec lui ?
Est-ce que je peux arrêter à tout moment sans pénalité financière déraisonnable ?
Peut-il vous donner des références qui accepteraient de parler de leur expérience avec ce clinicien?
Voici les questions que vous devriez vous demander avant de consulter un clinicien thérapeute
Est-ce que je fais une démarche dans le but de changer quelqu’un d’autre autour de moi ou je le fais pour moi ?
Est-ce que je le fais pour plaire à quelqu’un qui me le demande depuis longtemps ?
Est-ce que j’aspire trouver quelqu’un qui puisse penser comme moi et m’encourager dans ma position actuelle ?
Est-ce que je cherche quelqu’un qui puisse me consoler principalement ou me donner des outils?
Comment définit-on un bon clinicien thérapeute ?
Par celui qui sait poser les bonnes questions plutôt que de donner des réponses.
Oui, le travail d'un thérapeute ou d'un clinicien n'est pas de fournir des solutions toutes faites aux problèmes, mais d'apporter par des questions pertinentes, un éclairage, des outils, des éléments qui permettront à la personne de trouver sa propre voie et la solution qui lui conviendra le mieux en fonction de ce qu'elle peut et ce qu'elle souhaite engager.

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